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Stéfane Perraud, Lignes de Faille, Plateforme, Paris

Communiqué de presse


« Le glacier cogne dans l’armoire,
Le désert gémit dans le lit,
Et la félure de la tasse
Ouvre l’accès au pays des morts

Wynstan Hugh Auden, Un soir que je sortais...


Dans Lignes de Faille, Stéfane Perraud dresse un portrait géologique sensible des grands séismes qui ont touché notre planète aux 20e et 21e siècles. Vues à distance, ces vastes déchirures de la croûte terrestre apparaissent comme des rides sur un épiderme délicat et fragile, qui est à l’origine de certaines des plus grandes catastrophes de notre histoire.


En dessinant ces cassures, l’exposition de Stéfane Perraud convoque la mémoire des grands tremblements de terre, dont les victimes se sont comptées en centaines de milliers : les failles de Sendai, au Japon, de Tangshan, en Chine, d’Ashgabat, au Turkmenistan, ou celles des Philippines ou d’Haiti.


Dans l’oeuvre de Perraud, la puissance meurtrière de ces lignes de faille contraste avec la précision et la fragilité de leurs représentations, qui se placent à une échelle qui n’est pas celle des hommes, mais de la géologie.


Des techniques différentes sont employées pour rendre compte de l’instabilité de notre sol. Ainsi, les dessins Sendai, Bam et Hongshu sont construits comme des circuits imprimés, qui alimentent des diodes électroluminescentes au niveau de la faille. La carte géologique devient alors un trait de lumière, la trace de mouvements de ruptures tectoniques, aux conséquences humaines terribles.
Dans l’ensemble des oeuvres présentées à Plateforme (voir aussi les grands dessins Sumatra et Haiti, découpés au laser), Stéfane Perraud dessine avec l’électricité, qui apporte une qualité de présence particulière, telle une image des forces telluriques elles-mêmes.


Comme dans Lueurs (2008), l’artiste part de données statistiques – en l’occurrence le nombre de morts causées par chaque séisme – pour aller vers un geste sensible, qui nous place devant le poids humain de ces catastrophes, qui reste si difficile à mesurer.


Dans ce cadre, le dessin sert de sillon pour conduire l’électricité, qui, à son tour, se fait lumière. C’est là que se situe la position de l’artiste, devenu notre passeur vers un monde de géants, trop grands pour nous puissions les voir ou les sentir.


Vues de loin, les Lignes de faille sont finalement les plis et les zones de rupture d’une peau terrestre qui nous rappelle la nôtre. De ces déchirures, de cette peau, c’est bien du sang qui s’écoule.

PB























 







Exposition du 20 avril au 6 mai 2012. Plateforme, 73 rue des Haies - 75020 Paris. Tél.: +33 (0)9 54 92 23 35. Ouverture du mercredi au dimanche de 14h30 à 19h30.

© Stéfane Perrault, Photo satellitaire de la faille de la Côte Est de Honshu © Stéfane Perrault, Carte du Japon et des fonds marins

A gauche : © Stéfane Perrault, Photo satellitaire de la faille de la Côte Est de Honshu
A droite : © Stéfane Perrault, Carte du Japon et des fonds marins


© Stéfane Perraud, 11.03.2011 Côte Est de Honshu , Magnitude 9, 80x 50 cm Circuit imprimé à la feuille d’or, sans DEL © Stéfane Perraud, 26.12.2004 - Sumatra-Andaman Islands - Magnitude 9.1

A gauche : © Stéfane Perraud, 11.03.2011 Côte Est de Honshu , Magnitude 9, 80x 50 cm Circuit imprimé à la feuille d’or, sans DEL. Ci-dessus : Détail du circuit


© Stéfane Perraud, 26.12.2004 - Sumatra-Andaman Islands - Magnitude 9.1
65 x50 cm plexigals, or blanc découpe au laser


  Stéfane Perraud, Lignes de failles
  Plateforme, Paris
  20.04 - 06.05.2012
 

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