Archives expositions personnelles France

Archives expositions personnelles (P-Q)

  Félix Pinquier, L’effet B/K
  La Traverse, Alfortville

  05.03 - 04.04.2015 - prolongation possible de 2 semaines

Communiqué de presse


Faisant suite à deux mois de résidence de création au CAC La Traverse, l'exposition de Félix Pinquier associe des œuvres réalisées in situ à des sculptures et dessins plus anciens. L'exposition célèbre, au travers d'objets visuels silencieux tentant de représenter le son, les perceptions synesthésiques qui font voir des sons et entendre des couleurs.

Beaucoup d’éléments des compositions réalisées lors de sa résidence à La traverse sont empruntés par l’artiste aux outils portuaires.




















































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Félix Pinquier, L’effet B/K, La Traverse, Alfortville

Exposition du 5 mars au 4 avril 2015. La Traverse, 9 rue Traversière - 94140 Alfortville. Tél.: +33 (0)1 56 29 37 21. Ouverture mercredi de 10h à 20h, jeudi et vendredi de 10h à 18h, samedi de 14h à 18h.



© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2015. Tous droits réservés

Le texte d’Etienne Hatt

Félix Pinquier réalise des sculptures qui, en dépit de leur statisme et de leur mutisme, ont un caractère dynamique et sonore. Le paradoxe n'est qu'apparent. Fasciné par les phénomènes synesthésiques — une synesthésie est un phénomène neurologique qui associe plusieurs sens, un son, une lettre, un chiffre sont, par exemple, perçus colorés —, l'artiste explore et exploite les capacités de suggestion multisensorielle des formes et des couleurs.

Il obtient, par moulage et assemblage, des objets synthétiques et ambigus. Leur utilité est immédiatement déniée par leur échelle ou leur incomplétude, mais ces machines absurdes ne cessent d'exercer sur le spectateur un fort pouvoir d'évocation. Elles renvoient tantôt à une partition ou à une rythmique, tantôt à un instrument de musique ou à un dispositif sonore.

Un soufflet fait alors penser à un accordéon tandis que des formes évasées évoquent le pavillon d'une trompette ou l'évent d'un haut-parleur. Ces motifs récurrents soulignent l'importance de l'air et de son déplacement dans la production du son.

Ce thème central de l'œuvre de Félix Pinquier, que l'artiste cherche à matérialiser, est également au cœur d'une série de dessins de «dirigeables» réalisés d'après des cartes postales anciennes dont ils reprennent les points de vue basculés et les mises en pages décentrées. Les volumes sont, là encore, simplifiés, presque rendus dysfonctionnels pour focaliser l'attention sur les masses d'air en mouvement.

L'introduction de la couleur, jusqu'alors négligée au profit d'un chromatisme brut et neutre, a récemment enrichi ce travail sur le son. Le jaune, qui est pour l'artiste, avec un vert acide, la seule couleur sonore correspondant à sa production, est présent dans ses œuvres ou vibre avec elles dans l'exposition. Ici, déposée en aplat ou révélée dans les couches de matière, la couleur souligne que les recherches de sculpteur de Félix Pinquier ne peuvent, après avoir trouvé un écho dans le dessin, plus faire l'économie d'une pratique de la peinture.